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Il y a des nouvelles qui tombent à la manière d’un bouchon que l’on n’attendait plus : sans bruit, mais avec conséquence.
Cette semaine, de l’autre côté de l’Atlantique, une toute petite entreprise de négoce en vin a obtenu la suspension, devant la justice américaine, de droits de douane imposés par l’administration Trump, en exercice.

VOS Selections. Une maison familiale new-yorkaise, pas plus large que certaines de nos caves provençales. Vingt salariés, quelques millions de chiffre d’affaires (dix ou vingt, tout au plus), dans un secteur où, en France, le groupe Castel Frères pèse plus d’un milliard d’euros à lui seul, avec ses marques, ses châteaux, et ses liens historiques avec les circuits de distribution… et parfois les allées du pouvoir.

Mais une chose, surtout : la volonté de ne pas se coucher.

Elle aurait pu plier, faire profil bas, contourner la difficulté. Elle a choisi, au contraire, de défendre ses producteurs, ces vignerons indépendants, étrangers de surcroît, ce qui, par les temps qui courent, frôle presque le sacrilège pour l’air du temps.
Un importateur américain qui s’élève contre son propre gouvernement, non pour sauver des marges, mais pour préserver la diversité du goût, la sincérité du geste, la noblesse du lien.

Et il faut dire les choses simplement : les vins européens représentent l’essentiel de sa sélection, sans doute 70 à 80 % de ses références. Pas un caprice marginal, donc. Une colonne vertébrale.
Et c’est cette colonne qu’ils ont choisi de ne pas laisser briser.

Ce n’est pas une révolution, diront certains. C’est juste une suspension de mesures, un épisode dans une guerre économique plus large. Peut-être.
Mais ce geste-là… modeste, technique, tenace… dit quelque chose d’essentiel : la volonté a encore sa place dans l’histoire.

Dans un monde saturé d’abdications, voici un contre-exemple.
Dans un monde où l’on répète que seuls les grands gagnent, voici un rappel.
Dans un monde où la résignation passe pour lucidité, voici une faille dans le béton.

Et l’ironie n’est pas mince : là où le pouvoir se couche souvent devant les grands, c’est un petit qui, là-bas, s’est levé.
Une poignée de salariés, un peu de droit, beaucoup de courage. Et l’idée qu’on ne commerce bien que si l’on respecte ce qu’on fait voyager.

Et s’il fallait retenir une seule chose de cette histoire ?
Peut-être ceci : parfois, il suffit d’une caisse de vin bien choisie pour remettre en cause tout un système.

Car entre deux gorgées bien nées, il y a parfois un sursaut.
Et dans le fond d’un verre, une manière douce de dire non au monde tel qu’il va.

Sources d’inspiration du billet :

wine-searcher.com : Le chaos des tarifs pour les importateurs américains

www.cbc.ca : Victor Schwartz n’a pas cherché à se battre avec Trump, mais aujourd’hui, il est le visage de la guerre contre les tarifs douaniers
www.cnn.com : Comment une petite entreprise viticole familiale à New York a riposté aux tarifs douaniers de Donald Trump

Le Négociant VOS : Home – VOS Selections

Mise à jour du 20 février 2026

Le billet réaction après la décision de la Cours Suprème : Quand la caisse de vin rappelle l’empire à la loi