Architecture : faire vivre les lieux, entre Var et Côte d’Azur

L’architecture fait partie de mes centres d’intérêt, avec une curiosité qui me porte aussi bien vers Gaudí et Victor Horta que vers Frank Gehry ou Robert Mallet-Stevens. Je retrouve ce plaisir de la découverte dans la série documentaire Architectures, notamment réalisée par Richard Copans pour Arte et actuellement rediffusée sur Museum TV : comprendre comment un lieu a été pensé, comment les formes, les matériaux et les usages s’y rencontrent.

Les Journées nationales de l’architecture, organisées du 15 au 18 octobre autour du thème « Réhabiliter : bâtir l’avenir », offrent quelques occasions de prolonger cette curiosité entre mes deux territoires familiers, le Var et la Côte d’Azur.

Au Mourillon, à Toulon, la Maison de l’architecture Altana présentait ce samedi 17 octobre la réhabilitation d’un mas de la fin du XVIIe siècle. Les volumes existants y sont conservés, les murs en pierre schisteuse repris à la chaux et les enduits en terre associés à une isolation en fibre de bois. Des portes et des terres cuites anciennes retrouvent un usage, tandis que la pierre du mont Caume et les céramiques de Salernes complètent les revêtements. Une transformation qui compose avec les matières du bâtiment et celles du territoire. Présentation du chantier par Altana.

Cette relation entre ce qui demeure et ce qui se transforme me fait penser au Palais de la Méditerranée, à Nice, dont j’apprécie l’architecture Art déco. Ses deux façades protégées ont survécu à la démolition du bâtiment en 1990 et sont restées seules, dressées pendant plus de dix ans, avant la reprise du chantier. Une présence singulière sur la promenade des Anglais, où le visage de l’ancien palais attendait de trouver place dans une nouvelle construction. Notice du ministère de la Culture.

À l’inverse, la villa Cavrois de Robert Mallet-Stevens illustre le choix de retrouver une œuvre dans son état initial. Après les transformations, l’abandon et les dégradations, treize années de travaux ont été nécessaires pour restituer à la villa et à la partie conservée de son parc leur état de 1932. Les recherches documentaires et le travail des artisans ont permis de retrouver les matériaux, les couleurs et les aménagements voulus par l’architecte. Ce contrepoint au thème des Journées rappelle que faire vivre le patrimoine peut aussi passer par la restitution patiente d’un projet d’origine. Histoire de la villa Cavrois — Centre des monuments nationaux.

Derrière ces réalisations, il y a aussi les ateliers et les entreprises qui rendent l’architecture possible. C’est précisément ce que propose de découvrir « L’atelier des modernes », à la Villa Barbéris de Villeneuve-Loubet, jusqu’au 22 novembre. L’exposition retrace l’histoire des menuiseries Barbéris et leur contribution à l’architecture moderne, des années 1940 aux années 1980. Photographies, plans, correspondances et documents de chantier racontent le passage d’un atelier d’ébénisterie aux grands programmes de la Reconstruction. Une découverte qui pourra donc se poursuivre bien après ce week-end, du jeudi au dimanche, de 10 h à 12 h et de 14 h à 16 h. Présentation et informations pratiques — Villa b.

Pour ceux qui souhaitent prolonger ces Journées dans le Var, l’architecte Emmanuelle Pons anime ce dimanche 18 octobre à 11 heures, salle Lantelme à La Celle, une conférence proposée par le CAUE Var : « Réhabiliter : bâtir l’avenir ». L’occasion de revenir sur les possibilités d’adapter les bâtiments existants aux besoins d’aujourd’hui. Informations pratiques — CAUE Var.